Monsieur S

scamMonsieur S. vient en aide aux victimes

Ceux qui ont perdu gros n’en ont pour autant pas fini avec cette histoire. Après la disparition de Monsieur C entre en scène son comparse Monsieur S. Celui-ci a mis la main sur le fichier client de Monsieur C. Il l’épluche soigneusement, et sélectionne ceux qui ont le plus perdu. Il les contacte alors en se présentant comme une agence de détectives, spécialisée dans la criminalité financière, et propose aux victimes de se joindre à une action visant à retrouver Monsieur C et à récupérer les actifs détourner. Bien entendu, une telle action coûte très cher, car le disparu est bien caché (en réalité il s’esclaffe dans le bureau à coté) et les investigations sont longues et complexes, et ne peuvent être menées que par une équipe d’élite. Heureusement, une grande partie des frais est déjà couverte par un grand investisseur, riche et vindicatif, le droit d’entrée sera donc modéré, tout comme les émoluments en cas de succès. Ceux ci sont âprement négociés pour endormir la méfiance, et détourner l’attention du droit d’entrée, alors qu’en fait l’initiateur sait parfaitement que ceci est vain.

Les victimes de la première phase sont donc invitées à passer à la caisse une seconde fois. Monsieur S. rencontrera un certain succès dans son entreprise, raflant quelques dizaines de milliers d’euros en plus, au fil d’aventures rocambolesques, où la chasse à Monsieur C. sera remplacée par celle de son collaborateur fictif, supposé être le vrai responsable de la déconfiture. Ce faisant, le tandem faisait d’une pierre deux coups : elle tentait de dédouaner Monsieur C, présenté comme une victime d’un employé indélicat, de toute responsabilité, et donc de détourner de lui toute poursuite judiciaire, et il tenait en haleine ses victimes, avec des rebondissements justifiant de nouveaux payements.

Lorsqu’il devient évident pour tous que Monsieur S. avait mené son monde en bateau, il fit encore plus fort : il se présenta comme un avocat chargé de poursuivre Monsieur S. dans le cadre d’une class action (action collective américaine) et parvint même à soutirer encore quelques honoraires.

La technique n’est en soi pas neuve, elle a beaucoup servi dans un secteur aussi controversé que le time share, où des propriétaires malheureux d’appartements à temps partagés se virent contactés d’abord pour revendre à très bon prix leur droit de propriété, moyennant des frais légaux de procuration et de dossier, alors que bien sur il n’y avait pas d’acheteur, puis par des individus prétendant poursuivre les premiers.

Quel enseignement en tirer ? Si vous êtes contactés par un inconnu à propos d’une perte financière que vous avez subie, demandez vous d’où il tient votre nom, votre mésaventure n’étant normalement pas publique (à moins que vous n’ayez témoigné sous votre nom et à visage découvert à la télévision). Un liquidateur ne communique jamais la liste des clients lésés ; au mieux, et encore cela dépend des juridictions, vous informe -t-il de l’existence d’une action collective, et des moyens de prendre contact avec ses initiateurs.

Méfiance donc si on vous sollicite en détenant des informations confidentielles au sujet de vos placements, il y a fort à parier qu’il y a une collusion entre les deux entités.

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